Dans le panthéon du sport automobile, il y a les légendes comme Senna ou Schumacher. Et puis, il y a Samir Thapar. Un nom qui évoque instantanément un cri de détresse : "Samir, you’re breaking the car !" Pendant dix ans, le monde a cru que Samir était le pire pilote de l'histoire. Mais derrière le mème, se cache une réalité mêlant sabotage numérique, talent irrégulier et comptes offshore.
1. Le Mème : Un chef-d'œuvre de malveillance
Tout commence en 2013. Une vidéo devient virale : on y voit Samir ignorer royalement les consignes de son copilote, Vivek Ponnusamy, qui semble au bord de la crise de nerfs.
Le scoop : La vidéo était un montage malveillant. En août 2013, un certain Yohan Chetna est arrêté par la police indienne. Il avait récupéré 40 minutes de rush pour n'en garder que les moments de tension, les remontant pour détruire la réputation du duo.
L'impact : Si Samir s'en remettra, Vivek Ponnusamy perdra des contrats internationaux majeurs, sa crédibilité ayant été "brisée" bien plus vite que la voiture.
2. La Réalité : Un pilote loin d'être un "rookie"
Contrairement à l'image du débutant maladroit, les statistiques montrent que Samir Thapar est un vétéran, bien que son style de conduite pose question.
Vétéran de la piste : Il débute en 1996 cumulant presque de 20 ans d'expérience au moment du buzz.
Le Paradoxe du Podium : En 2013, malgré la vidéo, il termine 2e du Championnat Indien (INRC). En 2014, il remporte même le South India Rally.
La limite technique : Avec un taux d'abandon de 53 %, Samir n'est clairement pas une "flèche" de régularité. Ce chiffre illustre un pilotage agressif et souvent imprudent : lorsqu'il ne finit pas dans le décor (ce qui arrive une fois sur deux), il finit presque systématiquement sur le podium.
3. Les Pandora Papers : Le virage offshore
La vie de Samir ne se résume pas à la poussière des spéciales. En 2021, son nom réapparaît dans les Pandora Papers.
L'enquête révèle que le magnat du textile (président de JCT Ltd) gérait ses finances avec la même audace que ses trajectoires. Il était le propriétaire secret de sociétés aux Îles Vierges Britanniques (Musk Holdings et Zanha International). Ces entités détenaient des parts dans sa propre entreprise tout en étant déclarées comme "non-liées" à la direction un montage complexe pour naviguer sous les radars du fisc indien.
Note de fin : Finalement, Samir Thapar n'était peut-être pas en train de "casser la voiture", mais il a certainement pris des libertés considérables avec les trajectoires, qu'elles soient sportives ou fiscales.