Ardoisière : Après les castors de Suxy, les taupes mutantes sauvent la mise à Jos Verstappen
Aux Legend Boucles @ Bastogne, la direction de course commence à se demander si elle ne devrait pas recruter un garde-chasse plutôt que des commissaires. Après le psychodrame de samedi où un castor syndicaliste à Suxy a forcé le peloton à bifurquer vers l’asphalte, c’est désormais une mutinerie souterraine qui frappe la spéciale terre de l’Ardoisière, près de Bertrix.
Ce matin, le constat était sans appel : le tracé a été transformé en un gruyère géant. Une invasion de taupes sous stéroïdes a décidé de se venger du passage des moteurs six cylindres en creusant de véritables cratères lunaires. On ne parle pas ici de petites buttes de jardin pour retraités, mais de gouffres capables de tordre un protège-carter en titane comme une vulgaire canette de Jupiler et d'envoyer n'importe quelle Escort MK2 au tapis avant même le premier jump.
Un paradis pour Kroon Oil et les redresseurs de châssis
La spéciale a donc été amputée de moitié. Certains passages étaient devenus tout simplement impraticables, à moins d'être aux commandes d'un tractopelle ou de posséder des actions majoritaires chez un redresseur de châssis. Dans le parc d’assistance, l’ambiance oscille entre la déprime totale des puristes de la glisse et l'ironie mordante.
Heureusement, Kroon Oil est omniprésent : à ce stade, ils ne livrent plus de l'huile, ils fournissent le lubrifiant nécessaire pour faire passer la pilule aux mécanos qui voient déjà leurs pivots de fusée crier grâce face aux tranchées de Bertrix.
Jos Verstappen : « La terre, c’est pour les patates »
Pourtant, au milieu du chaos et de la boue, un homme garde le sourire : Jos "The Boss" Verstappen. Engagé sur sa rutilante BMW M3, le Néerlandais ne s’en cache pas : la terre, c’est son cauchemar personnel, une surface qu’il traite avec le même mépris qu’un pneu de seconde zone.
« Écoutez, une M3, c'est fait pour danser sur le billard, pas pour jouer aux terrassiers de service » « Pour moi, la terre, c’est uniquement bon pour faire pousser les patates. Et si je veux voir des tubercules de qualité, je vais chez Lutosa ! »
Cap sur Sakhir : Le compte à rebours est lancé
Ce raccourcissement de spéciale tombe finalement à point nommé pour Jos Verstappen. S'il n'a pas eu à braver l'intégralité des tranchées de l'Ardoisière, c'est autant d'énergie économisée pour les échéances à venir.
Dans tout juste deux semaines, le décor changera radicalement. Fini la boue gelée des Ardennes et les sabotages de rongeurs : Jos s'envolera pour Bahreïn afin d'assister aux premiers tours de roue officiels de son fils Max. Entre la poussière de Sakhir et les ornières de Bertrix, le Néerlandais aura quatorze jours pour troquer sa doudoune de rallye contre le polo de l'écurie championne du monde. Un timing idéal pour décrasser la BMW M3 et se préparer à la chaleur du Golfe.
Finalement, entre les castors du samedi et les taupes du dimanche, Jos Verstappen est peut-être le seul concurrent à voir d'un bon œil l'intervention inattendue de la faune locale sur son planning avant le coup d'envoi de la saison de F1.