COLORADO SPRINGS – C’est officiel. Le comité d’organisation de la mythique course vers les nuages a tranché : en 2026, Pikes Peak devient une zone à faibles émissions (ZFE) perchée à 4 300 mètres d'altitude. Les moteurs à combustion interne sont désormais bannis, au grand dam des puristes qui pensaient que l’odeur d’essence et le bruit de fin du monde faisaient partie du patrimoine mondial de l'humanité.
Le silence est d’or (et d'électrons)
Fini le hurlement des turbos qui tentent désespérément d’avaler les trois molécules d’oxygène restantes à l’approche du sommet. Terminé le doux parfum d’octane 110 qui ravissait les narines des marmottes locales. Désormais, le seul bruit autorisé entre les 156 virages sera le sifflement d’un mixeur géant et le crissement des pneus sur le bitume.
« On a réalisé que les moteurs thermiques souffraient trop de l’altitude », explique un porte-parole de la course en ajustant son badge "Green Peak". « C’était de la maltraitance mécanique. Forcer un V8 à respirer à 4 000 mètres, c’est comme demander à un asthmatique de courir un marathon avec une paille dans la bouche. Nous avons mis fin à leurs souffrances. »
Des mesures radicales pour les récalcitrants
Pour s'assurer qu'aucun piston clandestin ne tente l'ascension, les organisateurs ont installé des "renifleurs d'échappement" à chaque secteur. Tout véhicule émettant plus de CO2 qu'un rot de randonneur est immédiatement disqualifié.
Même les spectateurs sont mis à contribution :
Les barbecues à gaz sont remplacés par des plaques à induction portables.
Le camping-car diesel de l'oncle Sam doit rester en bas ; la montée se fera en télésiège ou en trottinette électrique (avec assistance respiratoire).
Il est formellement interdit de simuler un bruit de moteur avec la bouche sur le bord de la route.
Le drame des nostalgiques
Dans les paddocks, c'est le choc.
« Comment je vais savoir que je suis en train de gagner si je n'ai pas les tympans qui saignent ? » s'interroge un pilote de la catégorie Unlimited, dont le monstre de 1 000 chevaux sert désormais de table basse géante.
Certains constructeurs tentent de s'adapter avec une pointe d'ironie. On murmure que Ford préparerait un "Super-Mustang-E-Max-Plus" équipé d'un diffuseur de parfum "Vieux Garage" et de haut-parleurs extérieurs de 2 000 watts diffusant en boucle le son d'un moteur de Groupe B pour éviter que les spectateurs ne s'endorment entre deux passages.
Vers un nouveau record ?
Si la nostalgie est forte, les chiffres, eux, ne mentent pas. Depuis que les voitures électriques ont prouvé qu'elles n'avaient pas besoin d'oxygène pour humilier les chronos, le sommet est devenu leur terrain de jeu.
Le record absolu est désormais menacé par une voiture dont le nom ressemble plus à une mise à jour logicielle qu'à un bolide de course. On attend avec impatience le passage de la Tesla Model S Plaid Edition "Sommet des Nuages", qui devrait atteindre l'arrivée avant même d'avoir commencé, grâce à une faille spatio-temporelle causée par son couple instantané.